Sur le Champ est un dialogue sur la recherche du bonheur. Deux personnages, mi philosophes, mi clowns de théâtre, questionnent le cœur de l’existence. Entre burlesque et sagesse, ils évoquent des sujets essentiels et nous révèlent comment nous frayer un chemin juste et personnel à travers l’agitation du monde.
Sur le champ, c’est aussi une adaptation contemporaine de la Bhagavad-Gîtâ, fruit d’un confinement en Inde, au printemps 2020. C’est pourquoi l’échange philosophique de Sur le champ propose aussi d’appréhender l’esprit originel du yoga, sans folklore, mais avec humour, dans l’esprit de ce qu’écrivait le poète sanskritiste René Daumal : « ce que je voulais apprendre, c’était la pure technique de soi : d’abord le contrôle, ensuite la transformation ; c’est-à-dire le yoga ». Une quête spirituelle. À l’heure où il y a urgence à ce que le monde se réinvente, cette remise en question de la destinée et de l’humanité semble, plus que jamais, nécessaire.
Mars 2020. Deux tournées théâtrales distinctes ont amené Jean-Paul Sermadiras et Didier Galas en Inde. C’est là qu’ils se retrouvent confinés, au cœur du Tamil Nadu, à Auroville, cité internationale fondée en 1968 sur les principes philosophiques de Sri Aurobindo. Dans ce monde perturbé, esclave d’une économie mondialisée, désorientée et essoufflée, pour la première fois depuis longtemps, comme nombre de gens autour de la planète, ils ont la sensation « d’avoir » du temps. Dès le premier jour de confinement, ils lisent le Misanthrope de Molière et enchaînent sur des textes de Sri Aurobindo, dont une traduction de la Bhagavad-Gîtâ.
Aujourd’hui, ce texte apparaît comme une réponse pragmatique aux crises successives que l’équilibre du monde traverse. Changer le monde devrait probablement commencer par se changer soi-même, travailler sur soi afin d’envisager au mieux la construction d’un monde d’après.
Une sagesse que l’on retrouve chez le grand poète persan Djalâl Al-Dîn Rûmi : « Hier j’étais intelligent je voulais changer le monde. Aujourd’hui je suis sage je veux me changer moi-même. » ; ou encore chez le philosophe stoïcien Épictète : « C’est la marque d’un petit esprit de s’en prendre à autrui lorsqu’il échoue dans ce qu’il a entrepris ; celui qui exerce sur soi un travail spirituel s’en prendra à soi-même ; celui qui achèvera ce travail ne s’en prendra ni à soi ni aux autres. »
En sanskrit, Bhagavad-Gîtâ signifie littéralement le « Chant du Bienheureux ». Il s’agit de la partie centrale du poème épique le Mahabharata. Composé de 18 chapitres, la Bhagavad-Gita n’a cessé, depuis le Vème siècle avant J.C, d’imprégner la pensée indienne.
Ce texte raconte comment Krishna (avatar du dieu Vishnou) enseigne le yoga à Arjuna (prince guerrier Pandava). Ce dernier étant en proie à un doute profond avant d’entamer la bataille mortelle qui va l’opposer à ses cousins, les Kaurava.
« Il peut être utile, lorsqu’on aborde la Gîtâ, d’indiquer avec précision dans quel esprit on l’approche et ce que l’on pense pouvoir en retirer qui ait de la valeur pour l’humanité présente… rechercher dans la Gîtâ ce qu’elle contient de vérités vraiment vivantes, en dehors de leur forme métaphysique… extraire de ce livre ce qui peut nous aider, nous ou le monde en général, et le traduire dans la forme et l’expression les plus naturelles et les plus vivantes, qui soient adaptées à l’état d’esprit de l’humanité moderne et appropriées à ses besoins spirituels. »
(Sri Aurobindo, Essais sur la Gîtâ – 1916)
Des résidences ont eu lieu dans les bureaux de la Colline en décembre 2021 (avec le regard de Colette Poggi), ainsi qu’à Dacca (Bangladesh) en hiver 2022, avec des sorties de résidence.